London Polar
Pour sa quatrième année consécutive, après les hommages rendus aux villes de Paris (2009), New York (2010) et Hong Kong (2011), le Festival International du Film Policier de Beaune rend hommage à une ville pour l’influence et la dimension mythologique qui sont les siennes au sein du genre policier.
Cette année, le Festival souhaite ainsi mettre à l’honneur la ville de Londres.
Dans l’univers du polar, littérature et cinéma, Londres occupe une des toutes premières places. Il suffit de rappeler qu’elle est la ville de Jack l’éventreur et celle de Sherlock Holmes. Deux personnages qui représentent de façon emblématique les deux grandes catégories du genre : le noir (qui avoue ici ses origines gothiques) et le police procédural (énigme, enquête).
D’un côté, l’ancêtre du serial killer nous amène dans les bas-fonds de la ville où règnent misère, prostitution et pègre, et annonce la couleur du futur, très “noir” bien sûr.
De l’autre, l’archétype du détective déjoue les plus sombres complots et ouvre la voie aux enquêteurs de Scotland Yard, dont le nom seul rassure les victimes.
Entre flics et truands, le cinéma balance, et le champ est si vaste qu’il nous faut faire un choix drastique pour citer quelques titres et quelques thèmes : l’éventreur de The Lodger d’Alfred Hitchcock (1926), le marché noir de Je suis un fugitif d’Alberto Cavalcanti (1947), les gangs d’enfants d’Oliver Twist de David Lean (1948), les arnaqueurs à la petite semaine dans Les Forbans de la nuit de Jules Dassin (1950), l’ombre protectrice d’une Police sans armes de Basil Dearden (1950), le racisme meurtrier dans Opération Scotland Yard de Basil Dearden (1959), une journée dans la vie de L’Inspecteur de service de John Ford (1959), l’erreur judiciaire qui fit abolir la peine de mort dans L’Étrangleur de Rillington Place de Richard Fleischer (1971), la fêlure des flics dans The Offence de Sidney Lumet (1973), les bas-fonds d’aujourd’hui dans Seule la mort peut m’arrêter de Mike Hodges (2003), la mafia russe des Promesses de l’ombre de David Cronenberg (2007). Sans compter les innombrables comédies noires où, noblesse oblige, on tue les vieilles dames et où on vole les banques entre gentlemen.
Mais ceci est une autre histoire.
François Guérif,
Éditeur, créateur et directeur
de la collection Rivages Noir
SÉLECTION LONDON POLAR







