En Littérature
La 4e édition du Festival International du Film Policier de Beaune pérennise le “Cercle Rouge” qui réunit diverses personnalités du monde littéraire et cinématographique, amateurs éclairés par les lumières sombres du polar.
Ces parrains accompagnent le Festival au fil des éditions tout en ayant un regard bienveillant sur ses ivresses cinéphiliques.
Leur mission est aussi tous les ans de récompenser le meilleur roman noir français et étranger de l’année en remettant deux prix littéraires : le Grand Prix du roman noir français et le Grand Prix du roman noir étranger.
GRAND PRIX DU ROMAN NOIR FRANÇAIS
Après Caryl Ferey pour son roman Zulu en 2009, puis Hervé Le Corre pour Les Coeurs déchiquetés en 2010, et Joseph Incardona pour Lonely Betty en 2011, Le Cercle Rouge décerne cette année le Grand Prix du roman noir français à Marin Ledun pour Les Visages écrasés (Roman noir, Seuil, 2011).
L’AUTEUR
Marin Ledun a déjà publié cinq romans (dont La Guerre des vanités, Série noire, Gallimard, 2010) et des essais dont Pendant qu’ils comptent les morts (La Tengo, 2010), qui retraçait son expérience de sociologue du travail chez un géant de la téléphonie mobile.
LE ROMAN
Quand un médecin du travail se met à tuer ses patients pour leur éviter le suicide...
“Le problème, ce sont ces fichues règles de travail qui changent toutes les semaines. Ces projets montés en quelques jours, annoncés priorité-numéro-un, et abandonnés trois semaines plus tard sans que personne ne sache vraiment pourquoi, sur un simple coup de fil de la direction. La valse silencieuse des responsables d’équipes, toujours plus jeunes et plus inflexibles, mutés dans une autre agence ou partis par la petite porte. (…) L’infantilisation, les sucettes comme récompense, les avertissements comme punition. La paie, amputée des arrêts maladie, et des primes au mérite qui ne tombent plus. Les objectifs inatteignables. Les larmes qui montent aux yeux à tout moment, forçant à tourner la tête pour se cacher, comme un enfant qui aurait honte d’avoir peur. Les larmes qui coulent pendant des heures, une fois seul. Mêlées à une colère froide qui rend insensible à tout le reste. Les injonctions paradoxales, la folie des chiffres, les caméras de surveillance, la double écoute, le flicage, la confiance perdue. La peur et l’absence de mots pour la dire.
Le problème, c’est l’organisation du travail et ses extensions. Personne ne le sait mieux que moi. Vincent Fournier, 13 mars 2009, mort par balle après ingestion de sécobarbital, m’a tout raconté. C’est mon métier, je suis médecin du travail.
Écouter, ausculter, vacciner, notifier, faire remonter des statistiques anonymes auprès de la direction. Mais aussi : soulager, rassurer.
Et soigner.
Avec le traitement adéquat.”
GRAND PRIX DU ROMAN NOIR ÉTRANGER
Après James Lee Burke pour son roman Dernier Tramway pour les Champs-Élysées en 2009, puis Richard Price pour Souvenez-vous de moi en 2010, et Peter Temple pour Un monde sous surveillance en 2011, Le Cercle rouge décerne cette année le Grand Prix du roman noir étranger à Stuart Neville pour Les Fantômes de Belfast (Éditions Rivages, collection Rivages/Thriller, 2011, traduit de l’anglais par Fabienne Duvigneau).
L’AUTEUR
“J’ai été musicien, compositeur, professeur, vendeur, assistantréalisateur, boulanger et la doublure d’un comique irlandais bien connu, mais je suis actuellement associé d’une entreprise de design multimédia en Irlande du Nord. Les Fantômes de Belfast est mon premier roman." (Stuart Neville)
Stuart Neville est originaire d’Armagh, en Irlande du Nord. Après des études de musique, il s’est tourné vers la création de sites internet. Ce premier roman sera suivi d’un autre, à paraître chez Rivages.
LE ROMAN
“Ces ombres, elles lui étaient apparues pendant les dernières semaines de son séjour à la prison de Maze, il y avait un peu plus de sept ans. On venait de lui communiquer sa date de sortie et, ce jour-là, il avait la bouche sèche en ouvrant l’enveloppe cachetée qui contenait l’imprimé. À l’extérieur, les politiciens luttaient pour obtenir la libération de centaines d’hommes et de femmes comme lui qu’ils appelaient “prisonniers politiques”. Pas meurtriers, escrocs ou maîtres chanteurs, non… Ce n’étaient pas des criminels, mais seulement les victimes des circonstances. Quand Fegan avait terminé de lire la lettre et relevé les yeux, les Suiveurs le regardaient.”
Signé le 10 avril 1998, l’Accord de Paix pour l’Irlande du Nord a mis un terme à des années de guerre sanglante. En 2007, Belfast est une ville où se presse une foule d’étudiants et de jeunes cadres, et où ont fleuri bars branchés et boutiques de luxe. Pourtant, les anciennes haines n’ont pas disparu. Entre les anciens militants toujours attachés à leur cause, les activistes reconvertis en politiciens présentables et les gangsters qui prospèrent, le pays cherche son identité.
Gerry Fegan, lui, se débat avec ses démons personnels. Depuis qu’il est sorti de la prison de Maze, cet ex-tueur de l’IRA est devenu alcoolique. Il est hanté par les fantômes des douze personnes qu’il a délibérément assassinées et ne connaît plus le repos. Le seul moyen de se débarrasser de ces ombres qui assaillent sa conscience sera d’exécuter un par un les commanditaires des meurtres. Mais les nouveaux cadavres que laisse Gerry Fegan sur son passage menacent le précaire équilibre du processus de paix. Une chasse à l’homme commence sur fond de paranoïa et de duplicité, jusqu’à un final explosif.
PRIX DU PREMIER ROMAN POLICIER
Après Sylvain Blanchot pour Et on dévora leur coeur en 2010 et Do Raze pour La Mort des rêves en 2011, le Prix du Premier Roman policier est décerné cette année à Olivier Gay pour Les talons hauts rapprochent les filles du ciel (Éditions du Masque, 2011).
Destiné à révéler un nouvel auteur dans le domaine du roman policier, ce prix est publié aux Éditions du Masque. Cette année, un jury composé de Hélène Bihèry, Thomas Chabrol, Sylvie Granotier, Claire Kheitmi et Éric Kristy, sous la présidence de Jean-Christophe Grangé, décerne le Prix du Premier Roman Policier à Olivier Gay pour son roman Les talons hauts rapprochent les filles du ciel.
L’AUTEUR
Né à Grenoble en 1979, Olivier Gay est aujourd’hui consultant en stratégie à Paris. Sa maladresse et ses excursions dans les soirées parisiennes lui ont inspiré le personnage de Fitz. Les talons hauts rapprochent les filles du ciel est son premier roman.
LE ROMAN
Un serial killer rôde dans les rues de Paris. Plusieurs filles sont retrouvées assassinées de manière atroce dans leur appartement. Leur seul point commun ? Elles fréquentaient toutes le milieu de la nuit et les clubs à la mode. John-Fitzgerald, surnommé Fitz par ses amis, est un parasite par excellence. Dragueur paresseux et noctambule, il partage sa vie entre les soirées parisiennes, son amour des jeux en réseau et la vente de coke à la petite semaine. Ce héros improbable va se retrouver au coeur d’une enquête de plus en plus dangereuse, avec l’aide de ses conquêtes d’un soir et de ses amis toxicomanes.
Grande gueule maladroite, incompétent notoire, séducteur au grand coeur, il semble bien mal armé pour affronter les bas-fonds parisiens. Mais tant qu’il y aura de l’alcool, la fête sera plus folle.
Contact | www.lemasque.com







