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La Leçon de Cinéma


“Je me suis toujours considéré comme un metteur en scène. Il n’y a pas vraiment de différence pour moi entre mon travail d’écriture et de mise en scène.

J’essaye toujours de faire le meilleur travail possible, en l’occurrence raconter la meilleure histoire. Avec ce film [Les Trois Derniers Jours], il s’agissait de reprendre une intrigue qui me plaisait beaucoup, et de me demander quelle serait mon approche si je me trouvais dans la situation du héros. Qu’est-ce que je ferais si je voyais la vie de ma femme se dissoudre ? Si mon enfant devenait un étranger ? Quels seraient mes choix ? J’ai alors fait des recherches, j’ai visité des prisons, et j’ai alors découvert que plusieurs détenus s’étaient évadés. J’ai aussi découvert que ceux qui avaient tenté une évasion ne s’en étaient pas tirés vivants.

Des détenus m’ont raconté que l’un d’entre eux avait corrompu un garde pour récupérer la clé d’un ascenseur mais je trouvais ça trop facile. J’ai alors cherché comment fabriquer sa propre clé sur Internet pour l’utiliser dans le plan d’évasion. J’ai fait un pass et je l’ai essayé. Ça marchait ! Cool ! Après je me suis demandé comment on faisait pour voler une voiture. […] Je suis retourné sur Internet et j’ai trouvé cette idée de la balle de tennis. Cool ! J’ai donc changé les détails en utilisant les outils que j’avais à ma disposition. […] Aujourd’hui je saurais exactement comment m’évader de la prison de Pittsburg !

Il y a un côté un peu pervers en moi. Il n’y a rien d’excitant pour moi de réussir à vous convaincre de quelque chose qui est facile à croire. En revanche, si j’arrive à vous faire croire en quelque chose de fantastique, voire d’impossible, alors je fais bien mon travail. […] C’est très amusant pour moi de voir à quel point je peux étirer la crédibilité des faits et jusqu’où le public va croire à mon histoire. Je suis comme le miroir de ce que le personnage doit croire. Et il doit croire en quelque chose hors du commun. […] C’est génial pour moi de réussir à vous faire croire en l’impossible.

Je crois que je suis toujours porté par ce qui m’intéresse vraiment. Je ne me suis pas engagé à ne réaliser que des films politiques. Je traite simplement les choses qui me touchent de manière personnelle. […] Pour le coup, c’est plus personnel que politique. […] J’aime me pencher sur les choses que je ne comprends pas.

[…] Voilà une chose intéressante sur le cinéma : si vous montrez quelque chose à l’écran, c’est infiniment plus puissant que si cette chose est dite. Plus particulièrement si c’est montré à la fin du film.

[…] Si on voit une scène à l’écran, on la prend pour vraie et nous en tirons nos propres conclusions. […] Tout est en fait une question d’interprétation.”


Quatre Lunes Digitales